Fabrication de notre table de cuisine

Beaucoup d’heures de travail, 500$ et deux ouvriers acharnés. C’est ce qu’il aura fallu pour mener à bien ce projet de fabrication d’une table de cuisine. D’emblée, nous voulions quelque chose d’original. Nous avons eu l’idée d’une table couverte de céramique, et on s’est inspiré de quelques photos sur internet. Note : nous n’avons pas fabriqué les chaises et le banc, nous les avons achetés après coup. D’ailleurs, ça a été difficile de trouver un kit qui s’agençait bien à la table, nous aurions dû les choisir au moment de faire le plan de la table.

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La première étape a été de réaliser un plan sommaire dans SketchUp. Comme je ne suis pas particulièrement doué pour faire de la 3D, l’objectif était plutôt d’avoir un visuel qui donne une grossière idée de ce à quoi ça pourrait ressembler. En fait, l’objectif était plutôt de convaincre mon copain que la table ne ressemblerait pas à “une porte de grange”.

Le plan initial dans Google SketchUp

Le plan a changé entre temps et on s’est contenté d’une version papier. Au final, nous avons opté pour trois sections de céramique, chacune de superficie égale (6 carreaux de 20cm x 20cm) et séparée par une planche de bois de 6″ en largeur.

Matériaux

  • Le bois, du merisier (environ 320$ au total). On l’a choisi car il est moins cher que le chêne, mais tout aussi solide. Il a très bien réagi à la teinture et au vernis. Nous avons acheté des planches de différentes largeurs, mais toujours de 1″ d’épaisseur (3/4″ en réalité). Certaines de 6″ pour la surface de la table, d’autres de 2″ pour les bordures sous la table et les pattes.
  • La céramique (65$). À la base, nous avions opté pour des carreaux de céramique en terre cuite (nous les avions choisis pour le look). Par contre, quelques jours avant de poser, nous nous sommes ravisés et avons entrepris de trouver plutôt des carreaux de porcelaine. On ne voulait pas avoir à composer avec une table fragile. Comme la structure de bois était déjà construite, nous devions avoir exactement les mêmes dimensions (20cm x 20cm). Et on ne voulait surtout pas de mini-carreaux, pour éviter que la table ne ressemble à “un plancher de salle de bain” (j’ai des TOC de salle de bain).
  • Planche de vinyre pour supporter la céramique
  • Différents accessoires : colle à bois, vis (beaucoup!), éponges et gants pour la teinture, pinceaux de mousse…
Item Commerce Prix
Éponge teinture Canac 3,27$
Feuille vinyre + coupe Canac 34,48$
Vis 12 x 1 1/2 RONA 19,48$
Céramique Centura 65,00$
Feutres à clouer, colle à bois, pinceaux, éponge Canadian Tire 15,70$
Bois & accessoires RONA 350,00$
Teinture et vernis
Vernis semi-lustré Varathane, à l’eau
Home Depot 52,59$
Chaises et banc Surplus RD 628,91

Coupe du bois et assemblage

cadre

Pour la coupe du bois, nous avons utilisé une scie à onglets permettant de contrôler l’angle de coupe. Le cadre du dessus a été assemblé à partir des quatre côtés dont les extrémités étaient coupées à 45°. Attention : il est très difficile d’obtenir un cadre parfait, on a dû racheter une planche afin de reprendre une coupe à 46°. Comme on devait y poser de la céramique au centre, il était primordial que les quatre angles intérieurs soient droits.

Une planche de vinyre a été fixée sous le cadre de la surface de la table. Elle devait servir à y poser la céramique. Elle a été collée et vissée à l’aide de vis de 1″ 1/2 (nous avons fait plusieurs tests pour être certains de ne pas perforer la surface de la table). Difficulté : maintenir le cadre en place et les angles du cadre tout en vissant les premières vis. Mais on y est arrivé! Note : la planche de vinyre était taillée de façon à entrer à l’intérieur de la bordure que nous allions placer sous la table (à 1″ du bord).

Les pattes

patte

On a hésité longtemps sur la façon de fixer les pattes. Beaucoup de tables fonctionnent avec un système de blocs à 45° dans lesquels la patte se fixe. Mais après avoir observé plusieurs tables, nous avons opté pour un système assez simple : une plaque de métal fixée sur la patte, et la plaque à son tour vissée dans la table. Nous avons acheté des plaques de métal utilisées pour des poteaux de clôture et avons dû percer des trous supplémentaires. Plus encore, nos retailles de bois ont servi pour faire des socles dans lesquels les pattes sont fixées.

Difficulté rencontrée : nous avions choisi de placer les pattes assez loin des bordures. Au final, cela ne nous laissait pas assez de place pour y entrer une chaise aux extrémités. Nous avons donc dû redéplacer les socles. Fastidieux, mais c’était nécessaire. La photo de la patte ci-dessus a été prise avant cette modification.

Teinture

teinture1Nous avons d’emblée rejeté les teintures-vernis, c’est-à-dire les produits qui combinent les deux. Nous voulions un fini irréprochable et surtout complètement imperméable (il s’agit d’une table de cuisine après tout). La teinture était de marque Varathane (couleur KONA). Nous avons appliqué quatre couches pour obtenir la couleur très foncée que nous désirions. Pour l’application, nous avons utilisé des éponges, tel que recommandé par le vendeur, et surtout nous avons évité de faire des va-et-vient, ce qui aurait pu causer des différences dans la coloration.

Vernissage

Le vernis choisi était à base d’eau, de marque Varathane, semi-lustré. À la base, le commis recommandait de l’étendre avec un pinceau de très bonne qualité. C’est ce qui a été fait pour la première couche. Par contre, nous étions un peu déçus de constater que les lignes de pinceau étaient visibles. Les couches subséquentes ont donc été données avec des pinceaux en mousse (jetables, à environ 59¢ l’unité). Le résultat était nettement plus homogène.

Entre chaque couche de vernis, nous avons suivi le conseil de poncer très légèrement la surface pour éliminer les bulles d’air qui auraient pu se former. Attention toutefois, le ponçage doit être fait avec un papier le plus fin possible, et il ne faut vraiment qu’effleurer la surface. À deux endroits sur la table, ce ponçage a retiré un petit peu de teinture (ce que nous avons tenté de corriger et qui au final ne paraît pas beaucoup).

Nous avons dû placer quatre couches de vernis, sans jamais insister et repasser plusieurs fois lors d’une même application.

Pose de la céramique

ceramiqueLa pose de la céramique a été assez simple. Le principal défi était d’arrimer la hauteur des carreaux à celle de la table. Nous avions ajouté des planches de vinyre (1/4″ d’épaisseur) dans les trois espaces en anticipant que la hauteur de la colle et de la céramique feraient le reste. Il a toutefois fallu tricher un peu sur l’épaisseur de colle. Nous avons donc couvert les trois surfaces de colle et placé les carreaux un à un.

Alors voilà, un projet qui s’est déroulé sans trop d’embûches (ou en tout cas rien pour nous décourager de le mener à terme). Le résultat est encore meilleur qu’escompté, ce qui est très gratifiant. 🙂

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